This presentation aims to explore the role and the importance of impurity in population control practices at the start of Italian fascist regime. I argue that the concept of impurity was the ground – the epistemic key - of a general discourse and a wide range of practices o government and knowledge of population: from urban transformation to children observation in schools and families in everyday life. This discourse will be analyzed considering the revue Capitolium, created by the Governatorato of Rome (whose members where decided by the Minister of Interior, headed by Mussolini) from 1925 to 1930.

Cette proposition de communication a pour objectif d’explorer le rôle et l'affirmation du concept d'impureté dans les pratiques de conceptualisation de la population mises en œuvre dans le régime fasciste en Italie. À la base de notre proposition, on peut retrouver l'idée que le concept d'impureté, et son corrélatif, la « maladie sociale », deviennent, déjà entre 1925 et 1930, les thèmes à l'origine d'un discours sur le gouvernement et la connaissance de la population ; discours qui se déploie de la forme générale de l'espace urbain à l'observation des enfants dans les écoles. Plus profondément, celui d'impureté constitue l'un des concepts-clé dans la naissance de la biopolitique du fascisme italien, nécessaire pour la définition des pratiques sociales à observer dans la vie quotidienne des familles. Il s’agit d’un concept sous-jacent aux pratiques de gestion de la distance entre couches de population de la ville de Rome, ayant, en effet, permis l'affirmation d'une conception hiérarchique de la population, dont les différences sociales ont « préparé le terrain » pour la considération, quelques années plus tard, des différences raciales. Je me propose de reconstruire, a' travers l'analyse de la revue Capitolium (publication mensuelle créée en 1925 par le Governatorato de Rome, institution nommée par le ministère de l'intérieur du gouvernement fasciste en substitution du conseil municipal de la ville, démocratiquement élu), principalement entre 1925 et 1930, certains éléments de ce « discours de l'impureté », où la vie de la population pauvre de la ville semble avoir le rôle d'un laboratoire d'expérimentation de techniques d'observation et de politiques de la distance sociale. Il s'agit de rendre possible l'apparition d'un « regard médical » visant à observer dans le corps biologique de la population, à travers la dimension du corps individuel, la relation entre espace, pratiques de la vie quotidienne et condition sociale. Cette opération de construction d'une nouvelle visibilité se compose par un ensemble d'actions opérant selon des échelles très différenciées. On va de la re-articulation spatiale de la ville de Rome, conçue comme un ensemble hiérarchique dont la population impure doive être exclue à travers sa séparation de la population « saine », aux pratiques de control méticuleux de la vie quotidienne : de l'aménagement de la maison, de l'alimentation, du « gouvernement » des enfants. Ce qui frappe dans cette opération est la persistance des traits d'impureté et des formes de leur visibilité qui se sont affirmés pendant le début du fascisme. On pourrait avancer l'hypothèse qu'ils sont devenus, après la première phase qu'on se propose de considérer ici, des traits caractéristiques du regard à travers lequel on considérera ensuite l'impureté d'autres populations (celles africaines après la proclamation des lois sur la défense de la race en 1938) et dont la persistance peut être encore visible à travers la considération des stéréotypes et des pratiques de la distance appliqués aux populations Rom et Sinti. De ce point de vue, la considération du moment de fracture constitué par le début du régime fasciste, vise à permettre l’affirmation d'une perspective généalogique, selon le sens du terme qui trouve sa référence théorique dans les études de Michel Foucault.

Le rôle du concept d'impureté dans les pratiques de contrôle de la population au début du fascisme italien (1925-1930)

CERVELLI, PIERLUIGI
2013

Abstract

Cette proposition de communication a pour objectif d’explorer le rôle et l'affirmation du concept d'impureté dans les pratiques de conceptualisation de la population mises en œuvre dans le régime fasciste en Italie. À la base de notre proposition, on peut retrouver l'idée que le concept d'impureté, et son corrélatif, la « maladie sociale », deviennent, déjà entre 1925 et 1930, les thèmes à l'origine d'un discours sur le gouvernement et la connaissance de la population ; discours qui se déploie de la forme générale de l'espace urbain à l'observation des enfants dans les écoles. Plus profondément, celui d'impureté constitue l'un des concepts-clé dans la naissance de la biopolitique du fascisme italien, nécessaire pour la définition des pratiques sociales à observer dans la vie quotidienne des familles. Il s’agit d’un concept sous-jacent aux pratiques de gestion de la distance entre couches de population de la ville de Rome, ayant, en effet, permis l'affirmation d'une conception hiérarchique de la population, dont les différences sociales ont « préparé le terrain » pour la considération, quelques années plus tard, des différences raciales. Je me propose de reconstruire, a' travers l'analyse de la revue Capitolium (publication mensuelle créée en 1925 par le Governatorato de Rome, institution nommée par le ministère de l'intérieur du gouvernement fasciste en substitution du conseil municipal de la ville, démocratiquement élu), principalement entre 1925 et 1930, certains éléments de ce « discours de l'impureté », où la vie de la population pauvre de la ville semble avoir le rôle d'un laboratoire d'expérimentation de techniques d'observation et de politiques de la distance sociale. Il s'agit de rendre possible l'apparition d'un « regard médical » visant à observer dans le corps biologique de la population, à travers la dimension du corps individuel, la relation entre espace, pratiques de la vie quotidienne et condition sociale. Cette opération de construction d'une nouvelle visibilité se compose par un ensemble d'actions opérant selon des échelles très différenciées. On va de la re-articulation spatiale de la ville de Rome, conçue comme un ensemble hiérarchique dont la population impure doive être exclue à travers sa séparation de la population « saine », aux pratiques de control méticuleux de la vie quotidienne : de l'aménagement de la maison, de l'alimentation, du « gouvernement » des enfants. Ce qui frappe dans cette opération est la persistance des traits d'impureté et des formes de leur visibilité qui se sont affirmés pendant le début du fascisme. On pourrait avancer l'hypothèse qu'ils sont devenus, après la première phase qu'on se propose de considérer ici, des traits caractéristiques du regard à travers lequel on considérera ensuite l'impureté d'autres populations (celles africaines après la proclamation des lois sur la défense de la race en 1938) et dont la persistance peut être encore visible à travers la considération des stéréotypes et des pratiques de la distance appliqués aux populations Rom et Sinti. De ce point de vue, la considération du moment de fracture constitué par le début du régime fasciste, vise à permettre l’affirmation d'une perspective généalogique, selon le sens du terme qui trouve sa référence théorique dans les études de Michel Foucault.
This presentation aims to explore the role and the importance of impurity in population control practices at the start of Italian fascist regime. I argue that the concept of impurity was the ground – the epistemic key - of a general discourse and a wide range of practices o government and knowledge of population: from urban transformation to children observation in schools and families in everyday life. This discourse will be analyzed considering the revue Capitolium, created by the Governatorato of Rome (whose members where decided by the Minister of Interior, headed by Mussolini) from 1925 to 1930.
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